ligne des Causses

Présent et Avenir de la ligne Béziers-Neussargues-(Clermont-Fd)

Historique de la ligne

(référence : « Sur les rails de la région Midi-Pyrénées » de José Banaudo)

Pourquoi la ligne des causses ? : 

Le projet remonte au début des années 1860, alors que la compagnie du Midi et le PLM étaient en concurrence pour établir une liaison de Montpellier à Rodez, via Lodève et Millau. Le projet fut déclaré d’utilité publique en 1863 et la concession fut attribuée à la compagnie du Midi, sous une forme modifiée en 1868. Le tracé ne partait plus de Montpellier mais de Béziers, d’où il empruntait jusqu’à la Tour d’Orb la ligne minière ouverte depuis 1858 par les houillères de Graissessac, que le Midi venait de d’intégrer à ces concessions. A partir de là, la nouvelle artère des Causses fut ouverte au printemps 1872 jusqu’au Bousquet d’Orb, à l’automne 1874 jusqu’à Millau, au printemps 1880 jusqu’à Séverac et Rodez, à l’été 1883 jusqu’à Banassac la Canourgue, en 1884 jusqu’à Marvejols, en 1887 jusqu’à Saint Chély d’Apcher et enfin en 1888 jusqu’à Neussargues.

Lorsque la Compagnie du Midi envisage de construire une ligne en plein massif central, c’est pour désenclaver les bassins miniers du nord de l’Hérault (à Graissessac) et entrer dans la concurrence pour l’acheminement des vins du Languedoc vers Paris.
La ligne fue électrifiée totalement en 1932 suite à la volonté de la compagnie du midi d’écouler par cette voie du fret en transit en plus du faible trafic fret local et du trafic voyageur . Elle est alimentée en 1500V continu et équipée en caténaire dite Midi (ogives typiques sur les sections Le Monastier – St Sauveur de Peyre, Millau – St Laurent d’Olt et viaduc de Garabit).

Dates de mise en service :

20 septembre 1858 : Béziers – Bédarieux
28 décembre 1858 : Bédarieux – La Tour et Graissessac
11 mai 1872 : La Tour – Le Bousquet d’Orb
18 octobre 1874 : Le Bousquet d’Orb – Millau
1880 : Millau – Séverac le Château
14 août 1883 : Séverac le Château – Banassac la Canourgue
3 mai 1884 : Banassac la Canourgue – Marvejols
27 mai 1888 – Marvejols – St Flour
09 novembre 1888 – St Flour – Neussargues

Trafic au fil des années : 

Lors des premières décennies d’exploitation circulaient un train quotidien Béziers – Millau et trois Béziers – Rodez, prolongés vers Bannassac puis Marvejols en 1883-84. A la veille du premier conflit mondial, la desserte s’était étoffée sur le tronçon aveyronnais avec un express Béziers – Paris quotidien, un omnibus Béziers – Neussargues, un Béziers – Marvejols, deux Béziers – Millau, un Tournemire – Neussargues, un Tournemire – Millau et un Millau – Séverac.

Malgré l’électrification dans l’entre deux guerre, la desserte voyageurs variât peu. En 1938, il y circulait l’express de nuit Béziers – Paris et deux omnibus Béziers – Saint Flour, complétés de trains légers ou mixtes sur des trajets partiels Béziers – Séverac, Béziers – Millau, Millau – Saint Flour, Tournemire – Séverac et un Tournemire – Rodez. Des trains de marchandises en transit furent également acheminés par les Causses.

Après la 2ème guerre, la ligne des causses fut intégrée à la nouvelle région méditerranée. La relation Béziers – Paris fut doublée à partir de Sévérac-le-Château, une tranche montant via Neussargues, l’autre via Rodez, Capdenac et Brive. La plupart des autres trains étaient désormais classés marchandises-voyageurs et n’effectuait que des trajets partiels. A partir de 1952, l’express saisonnier Toulouse – Lyon, transita via la ligne des Causses entre Sévérac et le Monastier.

A la fin de la décennie suivante, seuls l’express Béziers-Paris et une automotrice Béziers-Neussargues effectuaient la totalité du trajet. S’ajoutaient à ces trains des circulations omnibus assurés par automotrices (un Béziers-Millau, deux Béziers-Séverac et un Millau-Saint Flour) ou par trains mixtes (un Béziers-Séverac, un Bédarieux-Millau, un séverac-Marvejols), que complétaient trois circulations divergeant ou bifurquant à Séverac : l’express Millau-Paris via Rodez et les autorails Millau-Brive et Toulouse-Lyon.

L’année 1982 marqua le début de profondes mutations sur l’axe des Causses. A cette date fut créé un express de jour Béziers-Paris, baptisé « L’Aubrac », qui bénéficia durant ses premières années d’existence d’une animation touristique à bord. Simultanément, les automotrices « Z2″ firent leur apparition et les trains mixtes disparurent. La relation saisonnière Toulouse-Lyon disparut à la fin de l’été 1988, mais dès le printemps suivant des autorails firent leur apparition sur la section aveyronnaise sous la forme d’un aller retour Toulouse-Millau.

En 1991, la mise en service de la commande centralisée des gares de croisement entraîna la simplification des installations et la réduction du personnel. Depuis l’été 1993 aucun trafic fret régulier n’est assuré sur la partie méridionale de la ligne.

Fortement concurrencée par l’autoroute A75, construite parallèlement, cette ligne défavorisée par son tracé sinueux, son profil accidenté et ses installations vieillissantes, a presque totalement perdu son trafic voyageur de longue distance. La composition de l’ »Aubrac » fut alors réduite alors que le parcours de l’express de nuit était limité au parcours Millau-Paris et sa périodicité de circulation restreinte.

Espoir au début des années 2000

Le trafic local souffrait de la faible densité de population et d’un tronçonnement imposé par les exigences parfois contradictoires des trois régions administratives traversées. Ces éléments négatifs laissaient craindre l’abandon de la traction électrique voire une fermeture partielle de la ligne des Causses, lorsqu’en 1999 un ambitieux plan de modernisation fut élaboré à l’initiative des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, soutenus par des associations et des collectivités locales. En ce temps où l’on fondait de grand espoir sur le développement du trafic fret, le projet, visait à détourner par l’artère des Causses les échanges entre le Centre, l’Est, le Sud-Ouest et l’Espagne, de manière à soulager la vallée du Rhone.

En première étape, des travaux de réfection de la voie furent engagés en 2000 et 2001 en prélude à des opérations de plus grande envergure : mise en place d’une signalisation performante, multiplication des points d’évitement, renouvellement des installations électriques pour une alimentation en 25000 volts monophasé et prolongement de l’électrification de Neussargues à Clermont-Ferrand. A titre d’essai, un train de fret Toulouse-Clermont Ferrand fut acheminé par la ligne des causses à partir de décembre 2001. Mais l’arrivée d’un gouvernement de droite en 2002 mis fin au projet de modernisation …

De nouveau l’incertitude …

De nos jours, l’avenir demeure donc incertain. Le train de nuit Millau-Paris a cessé de circuler à l’automne 2003. « L’Aubrac » Béziers-Paris, a été limité à Clermont-Ferrand, puis remplacé à la fin de l’année 2010 par une automotrice Z27500 sur le trajet Béziers-Neussargues. Le retour à un train direct de Béziers à Clermont Ferrand est prévu pour décembre 2011.

 

4 commentaires »

  1. JLC dit :

    Courage, amis du rail! Le chemin de fer électrifié est un moyen de transport écologique et NON polluant. Faites connaître le chemin de fer aux touristes en distribuant des horaires dans les offices du tourisme de la région.

  2. Fofo dit :

    Bon courage à tous ceux qui luttent pour la survie et l’entretien de cette ligne! S’il y a des pétitions pour la sauvegarde de l’Intercités « Aubrac » et la sauvegarde tout court de cette ligne et de tout son trafic, je la signerai volontier!

  3. Porte Martine dit :

    Voila la pétition en ligne : http://www.petitions24.net/pour_un_ter_par_rail_a_1_euro_au_service_des_populations
    Merci de nous soutenir et de diffuser !!
    Martine

  4. Frederic dit :

    Je soutiens sans réserve la défense de cette ligne d’un intérêt écologique, économique et social évident. Ce combat démontre que l’intérêt public n’est pas au cœur de nos politiques nationales sous le joug de l’UE et des lobbies et que derrière cette volonté affirmée de rationalisation et de rentabilité à court terme on est en train de détruire le réseau ferroviaire qui tissait intelligemment notre pays.

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